Gonzaguinha

Luiz Gonzaga do Nascimento Júnior

Au début, on l’appelait presque avec méfiance. Gonzaguinha, le “cantor rancor”, celui qui chante trop frontalement pour plaire à tout le monde. Ses premiers morceaux, comme “Comportamento Geral”, circulent sous surveillance dans un Brésil verrouillé. Le samba, chez lui, grince.

Fils de Luiz Gonzaga, il aurait pu suivre une ligne tracée. Il préfère bifurquer. Avec Ivan Lins et Aldir Blanc au sein du MAU, il écrit une musique brésilienne tendue, nerveuse, où le compositeur ne sépare jamais le texte de la position qu’il prend.

Puis quelque chose s’ouvre. À la fin des années 1970, ses chansons deviennent plus directes, presque intimes. “O Que É, o Que É?” ou “Explode Coração” touchent autrement, sans abandonner la lucidité. D’autres voix s’en emparent - Elis Regina, Simone, Maria Bethânia - et les installent dans le quotidien.

Indépendant, producteur de ses propres disques, Gonzaguinha garde ce fil entre dureté et tendresse. Il meurt en 1991, sur une route du Paraná, en plein trajet.

Tous les sambas de Gonzaguinha :